• Ranx et moi même avons tenté une expérience en nous inspirant de la méditation orgasmique enseignée par Emmanuelle Duchesne (vidéo en bas de cette page).

    J'ai légèrement modifié le protocole (pardon Emmanuelle :) ) car j'ai préféré que nous nous concentrions sur la peau plutôt que sur le clitoris :) : canaliser, ressentir le toucher de l'autre et garder ce point focus...j'ai appris à focaliser ma conscience, à ancrer mes pensées dans un espace que je maîtrise totalement, cet exercice ne fut donc pas compliqué...et puis, dans la mesure où c'est à partir de l’arborescence du JE que la fusion s'opère, tout est réellement simplifié...

    Je me suis donc prise au jeu, je canalisais toute mon énergie sur l'infime espace constitué par ma peau fusionnant avec l'épiderme de sa main...et une tristesse infinie m'a submergé, les larmes sont venues, sans que j'essaie même de les retenir...

    L'homme de toutes mes vies m'a simplement pris dans ses bras avec beaucoup de tendresse et la "séance" s'est arrêté là...il m'a fallu quelques heures afin de mettre des mots sur cette émotion déferlante.

    Je suis un être qui gère totalement ses espaces neuronaux et donc, je n'ai aucun souci concernant la technicité des protocoles de conscience et de multidimensionnalité. C'est hyper simple et facile désormais. Je gère...je me gère...

    Concernant mon corps vibratoire, idem : j'en ai la maîtrise totale, même si ce socle n'est que le début de l'aventure. Je le ressens, je le vibre en permanence, sans même y penser, de façon évidente et naturelle.

    Mais concernant mon corps, rien...la réalité qui m'a submergé était limpide : je n'ai pas de corps...pour ressentir mon corps physique, j'ai besoin que le "monde extérieur" vienne le solliciter par le toucher, une sensation (pluie, vent...) ou la douleur (brulure, écorchure, foulure...)

    Je n'ai pas de corps...

    Ceci fut pleinement constaté, j'ai plongé dans cette vérité...j'existe "partout" mais pas "ici"...ce corps possède une vie indépendante, il n'est pas relié, connecté à moi...

    J'ai laissé aller l'émotion liée à ce phénomène de "décorporation"...les jours ont passé (je finalise cet écrit plus de trois semaines après ce moment clef), et bien évidemment, tout a changé depuis, tout est allé très vite : je ressens désormais mon corps, ma peau, sans avoir besoin d'une sollicitation extérieure...je suis ce corps, comme tous mes autres corps...

    Cela m'a permis d'ouvrir la porte à une autre énergie, un point d'orgue vibratoire en quelque sorte : la couronne...cette énergie coronale est avant tout une information métaphysique et dans cette dimension, elle se traduit concrètement par la sécrétion d'endorphine et de dopamine : j'ai été comme "droguée" durant plusieurs jours (un subspace de 2 jours ! ), une extase engendrée par la multiplication insensée des molécules du bonheur :) Depuis, j'arrive à l'équilibre : je n'ai plus la tête qui tourne, je peux m'activer normalement...

    Je suis particulièrement vivante...je vis mon corps physique dans une grande détente...quelle merveille que de fusionner avec "lui", sous cette forme !

     

    Mesnet

    Merci à Emmanuelle et à tous ceux qui partagent courageusement leur expérience de vie...ce n'est pas toujours facile dans un "monde de jugement" ou l'on traite l'autre de "fou" ou de "pervers" dès lors qu'il exprime une réalité différente...

    En tout cas, l'essence de cette vidéo fut l'une de mes plus belles prises de conscience concernant "ma matière" !

     

    Le corps, ce continent perdu

     

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  • Un mot qui revient souvent au sein de notre petite communauté : la gentillesse...cela peut sembler paradoxal dans un univers BDSM et pourtant, il s'agit là d'un socle indispensable. Quel que soit le rôle qui est endossé (Domina, Maître, soumis ou soumise), lorsque la gentillesse est au cœur de la pratique, chaque geste est aimé et magnifié...la domination et la gentillesse s'épousent parfaitement bien !

    Et puis, il y a entre nous tous, une recherche de cette énergie spécifique : nous exigeons que ceux qui nous entourent soient gentils, rien de moins. Je ne peux évoquer que ma propre expérience, elle est donc forcément limitée et orientée, mais c'est dans ce "milieu" que cette soif de douceur est la plus tangible ! Jamais je n'ai perçu ailleurs, de façon aussi clairement exprimée, cette sensibilité.

    L'inauguration du Grenier d’Éros fut un moment intense...que de rencontres, de jeux, d'échanges ! Et la "gentillesse" était une respiration clairement assumée, explicitement verbalisée : il y avait un besoin presque charnel d'éradiquer les vieux schémas qui nous épuisent : jugement, rancune, concurrence...

    Nous avons fait de notre mieux pour incarner cette bienveillance "collective" et quand pour ma part, le curseur "redescendait" vers des sentiments plus "abrupts", c'est moi que j'observais et remettais en cause :)

    En attendant, je remercie toute "ma" communauté (j'aime bien ce sentiment d'appartenance !) qui surfe sur ces longueurs d'onde...ce n'est pas toujours évident de favoriser les sentiments les plus nobles, mais le plus important, c'est que nous avons su formuler ce besoin de gentillesse...alors, dans ces temps peu amènes, nous ressortons tous de ces rencontres comme reposés et rassérénés de voir que l'humain peut être beau, sage...et tellement gentil :)

    Une soirée BDSM devient alors un véritable bain de jouvence, une source de joie. Sous la surface du protocole, c'est bien l'apprentissage de notre humanité qui est en jeu...et tant qu'à faire, nous nous stimulons mutuellement afin de laisser émerger la meilleure version de cette humanité :)

     

    Mesnet, le 10 mars 2020

     

    La gentillesse

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