• BDSM thérapeutique, psychologique et métaphysique

    Tout d'abord, rappelons-le ici, c'est en tant qu'atypique que je me sens en phase avec la communauté BDSM. Lire : ma découverte de monde BDSM. Cet univers accueille la différence dans la tolérance et le respect, avec gentillesse, ouverture d'esprit et beaucoup d'humour aussi, ce qui ne gâche rien :)

    Cette vision surprend forcément ceux qui ne connaissent pas cet univers. Lorsque nous ne sommes pas introduits dans ce milieu, nous nous nous appuyons sur certains poncifs pour nous en faire une idée : violence, sexualité débridée, décadence, tendance luciférienne, dépravation, salissure, drogue, monde de la nuit malsain et dangereux, assujettissement de la femme à l'homme, misogynie...et j'en passe...

    Alors je ne vais pas mentir, cette option du BDSM existe aussi ! J'en capte certains échos et j'ai parfois été témoin de scènes déplaisantes, décalées par rapport à mon éthique personnelle. Mais au Domaine, au fin fond de la Bretagne, nous avons une pratique assez lointaine de ce qui se fait dans les grands centres urbains, c'est plus amical si je puis dire, voire familial : nous nous connaissons pour la plupart, nous faisons le choix de ciseler des relations riches et profondes, nous sommes vigilants et vérifions que rien ne déborde, qu'aucune personne fragile n'est manipulée par un prédateur psychique...

    Maintenant que le côté sombre du BDSM (que vous retrouvez dans toutes les sphères de la société !) est abordé, je vais tenter d’exprimer la quintessence de mon BDSM, que personnellement, je ne pratique pas (lire qui sommes-nous)  :

    - psychologie : le BDSM est une clef d'apprentissage de soi mais aussi du duo (ou couple), chaque partenaire amplifiant ses failles et ses points fort à travers des jeux de rôle consentis et travaillés en conscience.

    - Thérapie : chacun affronte ses propres démons, ses manques et ses dépendances et les transcendent. Il est souvent affirmé que le monde BDSM est cérébral et c'est totalement vrai : la psyché est mise à contribution en profondeur, la personne étant amenée à se poser les bonnes questions et à y répondre. C'est donc un milieu "d'écrivants" et de "sachants", capable de verbaliser un véritable cheminement vers le mieux-être.

    - Métaphysique : ici comme ailleurs, on cherche la source de sa douleur, l'être chemine vers l'absolu et explore le monde énergétique, à travers le subspace notamment.

    - féminin : et oui, les femmes ont le pouvoir et surtout les "soumises" ! De mon point de vue, ce sont elles qui vont le plus loin dans la recherche d'elles-mêmes car elles osent exprimer une palette d'émotions infinies. Et puis le plus important, elles maîtrisent la séance et y mettent fin quand elles le souhaitent !

    Notre petite salamandre évoque d'ailleurs cette maîtrise du soumis : le cat-O-nine symbolisant en premier lieu la force (la force d'affirmer "qui l'on est") mais aussi l'apprentissage de la maîtrise...la maîtrise se trouvant des deux côtés "du manche", en haut comme en bas...

    - code et langage : le BDSM est une structure très technique et précise et en même temps très mouvante. Un cadre donc, mais qui permet de respirer, de pratiquer "à sa façon". Un vocabulaire également, qui aide à se situer, à créer des liens très spécifiques entre le féminin et le masculin.

    - acceptation du corps : âgé ou pas, beau ou pas, aucune importance ! Le but étant de s'incarner vraiment dans son corps tel qu'il est, de lui offrir un espace d'expression, de l'aider à lâcher prise...

    - bienveillance, respect et amour, car j'ose le dire, je capte beaucoup d'amour dans ces échanges vrais et non édulcorés...

     

    Ainsi pour moi, le BDSM a une utilité, il est un outil d’introspection extraordinaire. Je dirais également que dans ma sphère d'expérience, la notion de perveristé est paradoxalement très atténuée puisque les hommes affirment enfin leur sexualité et surtout en comprennent les fondements ! Lorsque la "déviance" devient une porte ouverte sur son être profond, elle n'existe plus, il y a alors libération et détente.

    Pour conclure, je n'affirme aucune vérité ici, mais j'évoque simplement ma perception concernant un sujet très controversé. C'est ce BDSM-là, celui qui offre bienveillance, douceur et réparation que je souhaite promouvoir au Domaine. Par réparation, j'entends une certaine forme de guérison, même si ce terme est contesté puisqu'il sous-entend que les pratiquants seraient malades ! A mon sens, il s'agit plutôt de stimuler la catharsis inhérente à cette pratique, lorsqu'elle est vécue avec intelligence et profondeur : là se cache l'outil pédagogique apte à redéfinir une psyché amoindrie.

    J'ai toujours pensé que le rapport à la sexualité est extrêmement corrompu chez l'être humain, et que pour illuminer cette parcelle de nous-mêmes, il faut y plonger corps et âme en osant affronter notre corps sexué et celui de l'autre. C'est ici que de mon point de vue, ce que nous initions au Domaine avec vous tous, est extrêmement beau et pur.

    Notre merveilleux donjon n'est donc en aucun cas un espace de douleur et d'affrontement mais plutôt un miroir révélateur de l'être intérieur : un éclairage utile en ces temps ou la morale nous enferme dans un espace de conscience exiguë, futile et extrêmement agressif.

    Bien à vous, en espérant que cet article vous ouvrira la voie de la liberté : liberté de penser, liberté de choisir, liberté d'expérimenter, liberté d'être...

     

    Mesnet

    Le Domaine

     

    A venir, témoignages de femmes sur le côté thérapeutique, psychologique et métaphysique (spirituel) du BDSM.

     

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